Daria est ukrainienne et vit à Odessa. Elle aime profondément sa ville, et elle est extrêmement fière de son passé. Mais elle galère comme beaucoup d'autres, dans un système où
la corruption fait la loi. Elle travaille pourtant dans une importante entreprise d'import-export, car elle maîtrise parfaitement l'anglais, qui est une de ses passions. Elle gagne très bien sa
vie mais son travail est devenu très vite un enfer car son patron ne cesse de la poursuivre de ses assiduités.
Craignant d'être licenciée, elle trouve un deuxième poste : celui de traductrice dans une agence de rencontres. Car s'il y a bien un marché lucratif à Odessa, c'est celui des agences matrimoniales qui se chargent de trouver de riches Américains ou Européens à des Ukrainiennes aux abois. Daria finira elle aussi par se laisser avoir par le fameux rêve amériain, qui s'avérera être un véritable enfer pour elle.
J'ai lu avec énormément de plaisir ce roman : Daria est un personnage qui nous touche dès les premières lignes du roman, on la suit dans ses déboires et on espère qu'elle s'en sortira. C'est aussi un portrait de l'Europe de l'Est, pas très glorieux certes, mais l'auteur tente de prouver que le rêve occidental n'est pas si rose non plus, surtout pour ces jeunes femmes qui se retrouvent souvent esclaves d'homme qui ne voient en elle que des objets et qui profitent de leur situation précaire pour les tenir prisonnières. Mais rassurez-vous, Daria est une coriace !
-> La fiancée d'Odessa, Janet Skelien Charles, Éditions Liana Levi, 22.50€, à paraître le 2 février 2012.
Deux
narratrices, Suzan et Fleur, prennent tour à tour la parole pour parler d'une troisième femme, Adèle.
Une jeune fille se
retrouve assise sur un banc en plein Paris et elle ne se souvient de rien...
"Elle observe
la cour. Celle-ci doit faire un peu moins de dix mètres de large et environ quinze mètres de profondeur, elle est toute en béton à l'exception d'un massif de fleurs rond au milieu et de quelques
parterres en forme de demi-cercle sur les côtés, au pied de quatre immeubles qui composent la résidence. Il y a quatre bancs autour du grand massif central. Les immeubles font quatre étages. Kat
n'a aucune idée du nombre d'appartements dans la résidence, mais elle sait qu'environ la moitié donnent sur la cour, et actuellement plusieurs fenêtres sont illuminées. C'est la première
fois qu'elle voit autant d'appartements illuminés en rentrant du boulot. Il doit y avoir une douzaine de salons éclairés. Il doit y avoir plus de trente personnes derrière leurs fenêtres,
éclairées ou non. Elle aperçoit leurs visages penchés vers elle.

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